Pays Basque : depuis plusieurs semaines, la succession de coups de vent et de tempêtes sur la façade atlantique provoque un véritable drame pour les oiseaux marins. Des centaines d’oiseaux sont retrouvés morts ou si affaiblis qu’ils ne peuvent plus se nourrir ni voler. Vous risquez d’en croiser sur les plages : voici ce qu’il faut savoir et ce que vous pouvez faire.
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Pourquoi ces oiseaux s’échouent-ils ?
Les tempêtes modifient la mer. Elles provoquent de fortes houles et poussent les bancs de poissons en profondeur. Beaucoup d’espèces marines plongent parfois jusqu’à 30–40 mètres pour se nourrir. Quand la surface et la colonne d’eau sont agitées, la chasse devient impossible.
Résultat : les oiseaux pélagiques, qui vivent presque tout le temps en mer, s’épuisent. Ils ne trouvent plus assez de nourriture. Ils fatiguent puis s’échouent sur les côtes, de la Côte Basque jusqu’à la Bretagne. Les centres de sauvetage, comme Hegalaldia, parlent déjà de plusieurs centaines, et peut‑être de milliers, d’individus affectés.
Quelles espèces sont touchées ?
Ce sont surtout des espèces de grande mer que vous ne voyez pas habituellement depuis le rivage. Le cas le plus visible actuellement est celui du macareux moine, reconnaissable à son bec coloré. On parle parfois de lui comme du « clown des mers ».
Si les intempéries persistent, d’autres arrivées massives sont attendues : guillemots, pingouins torda et autres espèces pélagiques qui hivernent dans le golfe de Gascogne. Les vents dominants en ouest puis nord‑ouest jouent un rôle dans leur dérive vers nos côtes.
Ce que font les autorités et les centres
Les structures de protection de la faune et l’OFB ramassent de nombreux cadavres pour analyses. L’objectif est de vérifier s’il n’y a pas de maladie ou de pollution. Les centres de soins, comme Hegalaldia, sont débordés. Un seul jour, plus de 130 oiseaux sont arrivés au centre, et des dizaines d’autres étaient attendus dans les 24 heures suivantes.
Les équipes travaillent de l’aube au soir et organisent des rotations pour accueillir et soigner les animaux. Malgré tout, les moyens sont limités et la demande dépasse largement la capacité d’accueil habituelle.
Que faire si vous trouvez un oiseau marin sur la plage ?
- Ne présumez pas qu’il est mort. Si l’oiseau bouge ou respire, il peut être encore sauvé.
- Contactez d’abord un centre de sauvegarde local, idéalement Hegalaldia, ou la police de l’environnement. Les standards sont saturés, mais renseignez‑vous par SMS si possible.
- Si vous devez manipuler l’oiseau en attendant les secours : protégez-vous avec des gants, placez‑le délicatement dans une caisse ou une boîte en carton perforée. Gardez l’oiseau dans l’obscurité et au calme. Ne le forcez pas à boire ou à manger.
- Ne le renvoyez pas à la mer. Un oiseau épuisé repartira rarement seul et risque de mourir rapidement.
- Ne touchez pas les poussins ou les nids sur les falaises. Beaucoup d’espèces pélagiques ne doivent pas être dérangées pendant la reproduction.
Comment vous pouvez aider, même à distance
Si vous ne pouvez pas amener un animal jusqu’au centre, signalez sa position précise et, si possible, prenez une photo. Cela aide les équipes à prioriser les interventions. Évitez de partager l’emplacement exact des colonies sensibles sur les réseaux sociaux pour ne pas attirer des visiteurs indésirables.
Enfin, faites preuve de patience et de compassion envers les équipes de secours. Elles travaillent dans l’urgence et manquent souvent de bénévoles, de matériel et d’espace. Un simple message pour signaler un oiseau peut faire la différence.
Le message essentiel
Les tempêtes ont fragilisé une partie importante des populations d’oiseaux marins hivernantes. Le phénomène touche tout le littoral atlantique et pourrait s’aggraver si les conditions météorologiques persistent. Si vous trouvez un oiseau, signalez‑le rapidement et suivez les consignes des professionnels. Votre vigilance peut sauver des vies.


