Une image surprenante circule : un oiseau au corps de cigogne et au bec plat comme un canard. Vous lisez bien. Observé fin janvier près du lac de Neuchâtel, cet volatile intrigue et mérite qu’on s’y attarde.
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Qui est cet oiseau étrange ?
Il s’agit de la spatule blanche, nom scientifique Platalea leucorodia. Sa silhouette est élancée. Elle peut mesurer jusqu’à 90 cm de haut et présenter une envergure d’environ 1,35 m. Vu de loin, on la confond parfois avec un héron ou une cigogne. Mais son atout distinctif, c’est son bec en forme de spatule.
À quoi sert ce bec si particulier ?
Le bec large et aplati n’est pas un gadget. Il sert à chercher la nourriture dans l’eau et la vase. La spatule ouvre et ferme son bec en le balayant de droite à gauche. Elle filtre ainsi petits invertébrés, mollusques et crustacés. On note aussi qu’elle peut consommer des grenouilles et de petits poissons.
Où et quand la voir ?
Cette espèce fréquente les zones humides. En France, on la rencontre notamment en Camargue, dans l’Ain et dans les Landes. Mais ses effectifs restent modestes. On estime entre 11 000 et 13 000 couples nicheurs pour l’ensemble de l’Europe. En France, seuls environ 500 couples sont recensés.
La présence observée fin janvier à Yverdon-les-Bains, près du lac de Neuchâtel, reste donc remarquable. Les ornithologues notent qu’un tel passage est rare à cette période. Sur ce site en Suisse, il s’agissait d’une première depuis 2022.
Pourquoi la spatule blanche est-elle protégée ?
La faible population et la dépendance aux zones humides expliquent la protection. Les marais, lagunes et vasières qu’elle occupe sont fragiles. Ils subissent la pression de l’urbanisation et des aménagements agricoles. Protéger la spatule, c’est aussi préserver ces milieux essentiels pour des centaines d’autres espèces.
Comment la reconnaître sur le terrain ?
- Couleur : plumage majoritairement blanc.
- Silhouette : corps long, pattes visibles quand elle marche dans l’eau.
- Bec : large, aplati et proéminent à l’extrémité.
- Comportement : balayages latéraux du bec pendant la recherche de nourriture.
Que faire si vous en voyez une ?
Gardez une distance respectueuse. Ne vous approchez pas et évitez de perturber son activité de nourrissage. Photographiez à distance si vous souhaitez immortaliser la rencontre. Ensuite, signalez l’observation à une association locale ou à la réserve la plus proche. Par exemple, la Association de la Grande Cariçaie (AGC) gère des réserves au bord du lac de Neuchâtel et recueille ce type d’informations.
Pourquoi cela devrait vous toucher ?
Voir une spatule blanche, c’est apercevoir un fragment fragile de la nature qui survit malgré les pressions. Ces oiseaux nous rappellent que les zones humides sont précieuses et menacées. Chaque observation documentée peut aider la conservation.
La prochaine fois que vous êtes en Camargue ou près d’un grand étang, ouvrez l’œil. Vous pourriez tomber sur cette “cigogne au bec de canard” et participer, sans le savoir, à sa protection.


